Quand est-ce qu’on arrive
mars 28, 2008
Aujourd’hui comme promis une note littéraire, et je vais commencer avec peut être pas le mais un de mes livres préférés, “quand est-ce qu’on arrive” d’Howard Buten.
Pour ceux qui ne le connaissent pas, Howard Buten, outre un écrivain émérite, est également psychologue clinicien, spécialiste des autistiques, et aussi clown. Il est plus connu pour son fameux “Quand j’avais cinq ans je m’ai tué” qui est devenu un film, mais j’avoue que ce n’est pas mon préféré. La suite, “Le coeur sous le rouleau compresseur”, est beaucoup mieux, mais bon moi je suis une vraie midinette et c’est vrai que j’adore les histoires d’amour compliquées donc je suis pas super impartiale. Je ne vais pas m’étendre plus sur sa bio ni vous refaire l’intégralité de son cv, on est pas au cercle de minuit, zut. Ah si un dernier truc quand même, mon autre livre préféré, toujours de ce cher Howard, c’est “C’était mieux avant”, je vous en mettrai quelques morceaux choisis une prochaine fois.
Si j’ai choisi de parler de ce livre en premier parmi la foultitude de livres cultes que compte mon panthéon personnel de la littérature c’est que, d’une c’est pas forcément le plus connu, donc c’est quand même plus intéressant de faire connaitre des trucs qui me tiennent vraiment à coeur ( parce que si je vous dis que Racine c’est génial et Baudelaire c’est top c’est certes vrai mais ça n’est une découverte pour personne, à moins que vous ayez arreté l’école en CM2), et de deux, je voudrais tout d’abord parler des auteurs -masculins- qui ont la merveilleuse capacité d’écrire avec pour narrateur des personnages féminins et d’écrire des choses si justes, si bien senties qu’en tant que fille je me dis c’est pas possible ce mec a posé un saunar dans ma tête ou quoi? L’autre écrivain qui est incroyable dans ce domaine c’est le merveilleux le sublimissime Stefan Zweig, mais j’en reparlerai sans faute. Bon revenons à nos moutons, enfin à nos Howard.
Voici le résumé du livre fait par quelqu’un de surement beaucoup plus talentueux et certainement moins feignant que moi: (cf site parution.com)
“Howard Buten, plus personne ne l’ignore, est un surdoué atypique qui jongle avec trois métiers -psychologue clinicien, écrivain et clown- et deux pays, les USA et la France. Il nous offre aujourd’hui son septième roman, vingt ans après le célèbrissime Quand j’avais cinq ans, je m’ai tué. Quand est-ce qu’on arrive ? se déroule tout entier dans la tête d’une gérante de supérette de Traverse City : Bet, trop belle et trop intelligente. Etat des lieux.A n’en pas douter, la vie de Bet n’a rien d’un long fleuve tranquille. Trois mariages, un enfant dont elle se sent incapable d’assumer la charge, quelques embrouilles à Las Vegas, et une galerie de petits boulots minables, dont elle s’échappe toujours par un éclat ou un scandale. A côté de ça, une érudition à la limite du supportable, doublée d’une absence presque totale d’estime de soi : “J’en sais un petit peu sur des tas de trucs différents et c’est bien commode pour faire des mots croisés : prenez “désaccord Eistein-Bohr” en onze lettres commençant par I par exemple“.
Bet passe son temps à se poser des questions sur son passé, tout en observant les curieux échantillons d’humanité qui fréquentent sa supérette. Elle discute souvent avec eux, faisant preuve d’un admirable sens de la formule : “On a tous un jardin secret. Le mien contient une salle des pas perdus“. Et puis Bet est trop belle, elle a tout d’une star de cinéma. De fait, elle rend les hommes à moitié fous, ce qui ne cesse de lui causer problème, car elle n’a qu’une seule peur : se laisser submerger par ses sentiments (ce qui, soit dit en passant, lui arrive environ onze fois par jour sans qu’elle-même en ait réellement conscience). “
En voici un morceau choisi :
“Une femme entre dans le magasin. Elle s’arrête au milieu du stand des magazines, les mains devant elle, les yeux sur le sac qu’elle tient, elle tient son sac devant elle. Elle tremble. Difficile de voir l’âge qu’elle a. Elle est habillée pour le travail mais ses chaussures ne vont pas avec - ce sont des ballerines - pas celles pour faire les pointes, l’autre sorte, et pas non plus des vraies, celles-ci ont des semelles. Sa robe serrée à la taille par une ceinture dit qu’elle sait ce qu’elle veut et son sac dit qu’elle ne l’a jamais obtenu. Son tremblement va et vient.
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